Au printemps des monstres

Auteur : Philippe Jaenada
Edition : Mialet Barrault, 18 Août 2021

Le coup de cœur de Mélanie

Ce livre est monstrueux. Par sa taille, oui, mais par la densité du récit que Jaenada nous raconte. Dans un rythme haletant, l’auteur nous plonge au coeur de l’enquête du meurtre du petit Luc Taron, les quarante jours de mystère autour de celui qui se fait appeler « l’Etrangleur », puis sa capture et son procès. Mais qui sont les monstres, les vrais, qui gravitent autour de celui qui fut désigné ? Entre preuves et convictions où est la limite ?

L’auteur nous emmène et nous perd, sans jamais nous lâcher. Epatant.

Résumé

Ce n’est pas de la tarte à résumer, cette histoire. Il faut procéder calmement. C’est une histoire vraie, comme on dit. Un garçon de onze ans est enlevé à Paris un soir du printemps 1964. Luc Taron. (Si vous préférez la découvrir dans le livre, l’histoire, ne lisez pas la suite : stop ! ) On retrouve son corps le lendemain dans une forêt de banlieue. Il a été assassiné sans raison apparente. Pendant plus d’un mois, un enragé inonde les médias et la police de lettres de revendication démentes, signées  » L’Etrangleur  » ; il adresse même aux parents de l’enfant, horrifiés, des mots ignobles, diaboliques, cruels.

Il est enfin arrêté. C’est un jeune homme banal, un infirmier. Il avoue le meurtre, il est incarcéré et mis à l’écart de la société pour le reste de sa vie. Fin de l’histoire. Mais bien sûr, si c’était aussi simple, je n’aurais pas passé quatre ans à écrire ce gros machin (je ne suis pas fou). Dans cette société naissante qui deviendra la nôtre, tout est trouble, tout est factice. Tout le monde truque, ment, triche.

Sauf une femme, un point de lumière. Et ce qu’on savait se confirme : les pervers, les fous, les odieux, les monstres ne sont pas souvent ceux qu’on désigne.